Le devoir du lundi de Lakevio, consigne imposée

Publié le par Julie

Ca a débuté comme ça...

Mr Durand (appelons le comme ça, je ne voudrais pas qu'on le reconnaisse), passant devant une bijouterie, après avoir fait de bonnes affaires à la foire de Moulins, où il avait vendu un bon prix ses 2 vaches - en ce temps-là, les paysans, même s'ils tiraient le diable par la queue, arrivaient encore à faire quelques bénéfices - était tombé en pamoison devant un beau collier. Tirant des plans sur la comète, il entra et l'acheta. Faut dire qu'il était tombé amoureux de la belle parisienne qui passait ses vacances dans la maison à côté de sa ferme. Tous les jours que dieu fait, quand il la voyait passer, il s'imaginait des choses, qu'elle faisait exprès de passer devant lui, dans des tenues excitantes - normal, on était en été -

Heureux, il s'était promis d'interpeller la belle parisienne, quand elle passerait. S'imaginant déjà des choses, et l'alcool aidant, il se voyait déjà la trousser dans le foin odorant. Faut dire que, vieux garçon, il n'y connaissait pas grand-chose du comment séduire les femmes.

Le lendemain donc, celle-ci, une jolie blonde, toute pimpante, passa devant lui et le salua.

- bonjour Mr Durand

Celui-ci, tout émoustillé, l'invita à entrer boire un verre de pschitt orange 

La belle parisienne, ne pensant pas à mal, le suivit.

Dans la pénombre de la pièce, le Pierrot, comme on l'appelait, depuis le temps qu'il rêvait de cette rencontre, ne se sentit plus "pisser de joie". Il faut dire que, depuis le matin, il avait éclusé pas mal de verres pour se donner du courage. Il prit ses rêves pour des réalités.

Après avoir un peu parlé de la pluie et du beau temps, celui-ci s'enhardit.

Il s'approcha de la jeune femme et lui dit :

 - regardez, j'ai un cadeau pour vous

Surprise, celle-ci, voyant le regard de l'homme, commença à avoir des doutes 

L'homme s'approcha d'elle et sortit le coffret de sa poche :

- pourquoi voulez-vous me faire un cadeau ?

- parce que tu me plais. Ne dis pas que toi-aussi, je ne te plais pas ? Ca fait des jours que tu te trémousses devant moi quand tu passes. C'est pour moi que tu t'habilles comme ça, hein !

- ça va pas ! Allez, bonsoir, je dois rentrer

- t'en vas pas. Allez, donne moi un petit bisou et je t'offre mon cadeau

- laissez-moi partir.

Mais, Le Pierrot, excité, le prit mal :

- je te plais pas, je ne suis pas assez bien pour toi, hein !

- je dois partir....

Hélas, hélas, l'alcool, la chaleur, avait échauffé l'esprit du Pierrot. Celui-ci perdit les pédales..Il se saisit du cou de la belle parisienne et serra, serra......

- alors, je te plais pas, dis le que je ne suis pas assez bien pour toi !

Quelques minutes plus tard, il reprit ses esprits.

Trop tard.

- bon dieu, qu'est-ce que j'ai fait, bon dieu, mais qu'est-ce que j'ai fait ?

Affolé, paniqué, il prit le corps de la jeune femme et le jeta dans le puit.

Quelques temps plus tard, un voisin, surpris de ne pas le voir, se dirigea vers la ferme et entra dans la maison, la porte étant ouverte. Il trouva le Pierrot, pendu à une poutre, dans sa cuisine....Une lettre se trouvait sur la table.

- la vérité se trouve au fond du puit.

Cette affaire fit beaucoup de bruit...La famille, honteuse, déshonorée, avilie, décida de ne pas aller aux obsèques du Pierrot.

"En fait, Madame Polant, la femme du voisin, déléguée par la famille, avait été la seule à suivre le corbillard."

 

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jeanjacques666 02/10/2017 22:45

J'aime ce polar de campagne et sa vérité au fond du puit.
Les parisiennes ne se méfient pas assez dans les campagne.

Véro 02/10/2017 18:45

Ne jamais faire confiance même à son plus proche voisin... Et s'habiller comme une nonne : quel beau dessein pour ne pas finir au fond du puits.

Adrienne 02/10/2017 17:03

cette brave madame Polant :-)

le-gout-des-autres 02/10/2017 16:39

Et je suis sûr que même une pas Parisienne, il vaut mieux faire preuve de tact...

le-gout-des-autres 02/10/2017 16:38

Elle est chouette ton histoire !
Bon, j'en retire qu'il ne faut pas trop picoler pour accrocher une Parisienne et qu'il vaut mieux avoir de la conversation. ;-)

Praline 02/10/2017 13:28

Oh punaise encore deux cadavres ! J'en peux plus !
Tiens, voilà le soleil qui pointe le bout de ses rayons, je vais me promener, na !
Bisous savoyards.

heure-bleue 02/10/2017 12:47

Toi aussi, tu donnes dans la violence, j'aime bien, c'est bien un truc de paysan de se pendre.

Fabie 02/10/2017 12:05

Bon, chez toi comme chez Heure Bleue, cela fait 2 morts !
Bien raconté, comme toujours :)
Bisous frais de la Drôme

lakecio 02/10/2017 11:51

Waouh ! Mais quelle terrible histoire du terroir. je l'aime beaucoup. Des "Pierrot" tous émoustillés par les vacancières en short , on en a connu ! Même si c'est tragique, c'est prenant et bien tourné.
Merci, Julie.
Bises du Sud.