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Cearriveenfrance

Cearriveenfrance

blog à la fois humoristique, satirique, sans oublier mes coups de gueule.

Le naufrage de la vieillesse

Le naufrage de la vieillesse

Nous en avons gros sur la patate, comme on dit.

Ma belle-mère ne va pas bien du tout. Il faudrait un miracle pour la remettre sur pied.

Dans 15 jours, elle va avoir 90 ans et nous ne les fêterons pas.

Ce n'est pas le fait que nous ne fêterons pas en grandes pompes son anniversaire qui nous contrarient, mais le fait que nous ne savons plus quoi faire.

Elle ne va bientôt plus pouvoir rester chez elle....mais, elle ne veut ni aller en appartement, vivant dans une maison pas adaptée du tout, ni aller en maison de retraite, ni même aller en ce moment à l'hôpital pour qu'on la soulage.

Ce matin, ma belle-soeur l'a trouvée accrochée à sa table - belle-soeur qui lui amène son pain chaque jour - ne pouvant plus bouger, souffrant le martyre. Ca fait 2 fois en quelques jours qu'il faut appeler un médecin en urgence. Je vous ferai grâce de ses nombreuses pathologies. Là, elle dit que c'est l'infirmière, en lui faisant sa toilette, qui lui a coincé le dos. Elle se tasse de plus en plus, a perdu 20 cm en quelques années. Elle a le dos tellement en piteux état qu'elle se casse en petits morceaux. La derrière fois que nous sommes allés chez elle, je m'en suis ramassée une en essayant tant bien que mal de l'asseoir dans notre voiture. C'est mon neveu qui l'a sortie de la voiture et l'a presque portée : "toi au moins, tu sais me prendre qu'elle a dit à son petit-fils"

Elle a de la polyarthrite depuis l'âge de 40 ans, ceci expliquant en grande partie cela.

Elle devient aveugle

Elle ne peut plus couper sa viande, a les doigts complètement déformés, peine à trouver ses petites pilules chaque jour, ne se fait plus à manger (quoiqu'elle dise ), ne peut plus marcher, etc, etc, j'arrête, j'arrête, trop, c'est trop...

Hier, son fils, mon mari donc, l'a appelé. Quand il lui a demandé :

- ça va ?

- non, ça ne va pas du tout, tu tombes mal, je souffre le martyre, je ne peux plus aller aux toilettes, je ne peux rien avaler......

La cortisone n'arrange pas les choses. Ce qui te fait du bien d'un côté te déglingue de l'autre.

Une de mes belles-soeurs, la sœur de mon mari, y va 2 jours toutes les 3 semaines, habitant à 100km. Hier, elle s'en est pris à son frère, frère avec qui elle s'entendait pourtant à merveille. Sa mère lui avait dit qu'à cause du coup de téléphone de A....elle avait raté l'heure de son repas - juste avant, à mon mari, elle avait dit qu'elle n'avait pas faim, qu'elle ne mangerait rien, que ça faisait plusieurs jours qu'elle ne peut rien avaler. Ne lui parlez pas des compléments alimentaires - Il était 19h....d'habitude, elle ne mange jamais avant 20h !!!

De jour en jour, tout le monde est sur les nerfs. On dirait que ça plait à ma belle-mère de monter ses enfants les uns contre les autres, belle-mère qui a l'impression qu'on complote derrière son dos. Tiens, ma mère fait la même chose avec nous tous.

Ceux qui sont sur place, une fille et un fils, en font plus que leur part et sont épuisés, à bout ; toujours sur le qui-vive.

Voilà qu'on reproche à son fils, mon mari, de ne pas y aller plus souvent. Nous, nous sommes à 250km, ceci expliquant en partie cela (bon, d'accord, pas que). Mon mari ne va pas faire 500km tous les jours pour lui fermer ses volets. Ca, c'est un autre beau-frère qui s'en charge. Pourtant, lui-aussi, a été souvent égratigné par sa belle-mère plus souvent qu'à son tour. Voilà ce que c'est que d'être trop gentil.

L'infirmière de ma belle-mère, qui vient lui faire sa toilette, se permet aussi de donner son avis :

- votre fils de Vichy est bien retraité, il pourrait venir plus souvent... Ca changera quoi, puisque qu'il lui faudrait quelqu'un en permanence sur place maintenant.

ou alors :

- vos enfants n'ont qu'à vous payer une garde-malade 24h/24...Bien-sûr, on est tous les héritiers de Rothschild.

Si ça continue, on va dire que ses enfants sont des enfants ingrats, surtout mon mari.

Je hais ces donneurs de leçons, ceux qui se permettent de donner leur avis (tiens, j'ai lu ça aussi quelque part). Paraît que l'infirmière est d'un milieu aisé. C'est facile dans ce cas de donner des leçons aux autres. Madame l'infirmière aurait payé à son père invalide une garde-malade.

En plus, la dernière, vous savez quoi ? A propos de sa vue déficiente (dégénérescence maculaire) :

- mon voisin a trouvé un appareil qui lui a redonné de la vision qu'elle a eu le culot de dire à ma belle-mère. Bien-sûr, 3000 euros, ça se trouve tous les jours sous la queue d'un âne.

Andouille, va !

Nous avions l'intention d'offrir à ma belle-mère un canapé pour ses 90 ans.

Quand C..... lui en a parlé, ma belle-mère s'est mise en colère :

- ce n'est pas un cadeau, ça ! Le canapé, c'est moi qui vais l'acheter. Des idées de cadeaux, je vais vous en trouver, des cadeaux qui m'aideraient dans ma vie, par exemple, cet appareil qui redonnerait de la vue.

Ma belle-soeur, hier au téléphone, s'en est pris aussi à son frère et lui a dit :

- tu critiques tout, tu ferais mieux de venir plus souvent, ceux sur place n'en peuvent plus.

Que faire, que faire !

Ma belle-mère ne veut pas entendre parler d'hôpital, ni de maison de retraite. Bon, on la comprend, ça, c'est sûr. Qui a envie de finir sa vie dans un mouroir ?

Certains auraient bien une petite idée....Je sais bien à quoi ils pensent.

Que nous la prenions chez nous, puisque nous sommes les seuls à avoir une maison de plain-pied.

Mais, imaginez ma belle-mère, malade chez nous, en sachant que les rares fois où elle est venue et n'était pas dans cet état lamentable, au bout de 8 jours, je disais à mari :

- je te laisse avec ta mère et je demande le divorce. C'est elle ou moi, ramène là chez elle. Ma belle-mère a même réussi à faire pleurer une autre belle-soeur qui l'avait pris 15 jours chez elle, une femme de caractère pourtant.

Imaginez chaque jour les infirmières, les kinés défiler à la maison Imaginez moi en train d'emmener ma belle-mère aux WC, puisque ça lui devient de plus en plus difficile de marcher. L'entendre me houspiller, me dire qu'elle veut SON VERRE, SON ASSIETTE, que c'est trop chaud, trop froid, trop tôt pour manger, trop tard.. (ah, ça, sa langue n'est pas malade)

Non, vraiment, je n'en ai pas la force.

Que faire, que faire ! Maintenant, l'idée de l'appartement devient aussi obsolète.

Mon dieu, quel naufrage !

Tout à l'heure, ma belle-mère a dit à son fils qui habite à quelques km et qui s'était précipité quand il a reçu l'appel de sa femme :

- vous voulez vous débarrassez de moi, ça vous arrangerait bien, hein ! Non, je ne veux pas aller à l'hôpital, vous m'y laisserez mourir.

Là, elle est vraiment injuste. J'ai rarement vu des enfants s'occuper aussi bien de leur mère, avoir satisfaits tous ses caprices, passer la voir chaque jour depuis des années. Vous savez ce qu'ils ont fait pendant des années, en septembre, pour leur mère qui adorait la mer et la chaleur ? Ils ont fait l'aller-retour Drôme-Cap d'Agde. Ils l'emmenaient et revenaient la chercher.

Je comprends maintenant feu mon beau-père qui s'échappait de la maison autant que faire se peut.

Entre mère et belle-mère, nous voilà bien gâtés. Tiens, une solution qui me vient à l'esprit ; emmener ma belle-mère chez ma mère. Elles ne se sont parlés que du bout des lèvres lors des fêtes de famille communes ; ma mère paysanne et ma belle-mère avec ses allures de bourgeoise. Ma mère aurait vite fait de clouer le bec à sa congénère.

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le-gout-des-autres 14/07/2016 08:33

Ne te tracasse pas.
Ce sont les plus mauvais qui durent le plus longtemps...
Jeanne Calment était une véritable peste.

Eve 13/07/2016 21:31

je vais te raconter pour mes beaux parents, ma belle mère ne pouvait plus se mouvoir chez elle et son mari ne voulait pas l'aider , et elle avait eu des aides ménagères, des aides soignantes qui la levaient ect , mais au bout d'un moment , cela n'était plus suffisant , elle est entrée en maison de retraite elle avait 76 ans , puis ce fût lui le beau père, 80 ans qui entra , et les voilà tous les 2 la dedans, sa retraite à lui ne suffisait pas , ils ont ajouté tout l'héritage de ma belle mère , elle avait des parents aisés, toutes leurs économies y sont passées, puis la maison vendue par moitié à la soeur de mon mari , et est arrivé qu'il n'y avait plus de sous , il a fallu que le frère de mon mari et nous payons pendant 2 ans , 3 autres enfants en ont été exonérés car pas assez d'argent , puis l'autre moitié de maison a été vendue et le beau père est décédé , la belle mère est toujours là bas, , pour le moment on ne nous demande pas d'argent , mais arrivera un moment où faudra re payer encore, la belle mère ne marche pas depuis 10 ans , elle est énorme , et bossue , la tête sur les genoux toute la journée, elle ne peut pas se déplacer, ne peut pas regarder la télé , elle attend la mort nous dit elle, mais elle a un bon coup de fourchette , ça peut durer ...... elle a 86 ans - hé ben tu vois c'est vraiment pas gai !!! elle entend, elle parle , elle a bonne mémoire, elle est dépendante , elle a dû accepter les couches depuis 10 ans alors qu'elle n'est pas énurétique , car le personnel n'arrivait pas assez vite et ne la levait pas , bon elle ne fait aucun reproche à qui que se soit !!! c'est déjà ça - - je ne sais pas comment nous vieillirons mais ce n'est pas réjouissant , aurons nous encore toute nôtre lucidité ??, serons nous grabataire ??? sourd ??, muet ??, dépendant de tout ?? obligée d'avoir des couches ??? quand je vois comment les uns et les autres finissent leurs vies , je me dis que ..... peut être nous serons pareils !!! et essayez de placer les 2 pauvres femmes , mais , mais , mais si elle s ne veulent pas , est ce que les maisons de retraites les acceptent CONTRE LEUR GRE ???, et puis il faudra faire des dossiers pour avoir des aides , bon courage , bises -

Eve 13/07/2016 21:06

hé bien vous êtes servis !!! mon père se laissait mourir de faim chez lui 8 ans après le décès à 60 ans de maman , lui même avait 60 ans + 8 ans , donc on arrive aux 68 ans -- ma soeur et moi voulions faire venir des repas à domicile , il n'a jamais ouvert aux personnes !!! il ne voulait voir aucun voisin , nous on était à peine toléré car nous salissions soi disant et si on restait on l'embêtait , cela a duré 2 ans d'inquiétude , donc ma soeur et moi avons décidé de le prendre chacune nôtre tour 6 mois, quand il a été chez elle , tout lui plaisait , il n'était plus seul , pendant 3 mois, après il les a emm... 3 mois, critiques sur tout , ne pas se lever ect, au bout des 6 mois , on le prend , pareil bien pendant 3 mois puis critiques 3 mois, il refusait qu'on sorte se promener, qu'on utilise le téléphone , qu'on dépense NOTRE argent , qu'on aille faire les achats , mais ne voulait pas venir, il n'acceptait pas qu'on ait 10 minutes de retard , il se levait la nuit , et faisait du bruit , mon mari était réveillé toutes les nuits , mon père se levait à midi !! ect , on a gardé ces alternances 2 ans et après on s'enguirlandait tellement dans nôtre couple et dans celui de ma soeur qu'on s'est dit faut le mettre en maison de retraite, car chez lui à nouveau , il se laissera mourir de faim - et il ne voulait pas aller en maison de retraite, on l'a OBLIGE , FORCE , donc le voilà la dedans , 1 ére année il participe à tout , est content , ou ...... paraît content, il regarde les images de la télé car il était sourd profond et la 2 éme année le voilà qui ne s'alimente plus, qui refuse d'aller avec les autres le fait d'être sourd profond n'a pas aidé , et qu'il critique tout, ça a duré quelques mois , nous faisions 1000 kms aller retour tous les 2 mois pendant les 2 ans - ses forces ont diminué , et à une visite, je suis allée voir la directrice qui me dit vôtre père ne fait plus aucun efforts , et moi qui venait de le voir , il dormait ,il était si maigre de visage , j'avais soulevé sa manche de chemise vu son poignet que j'ai dit à mon mari , on dirait qu'il sort de Dachau , dans 15 jours il sera mort , c'est ce qui s'est produit, on payait 1600 euros par mois , sa retraite suffisait avec les économies et les aides départementales , ---- alors prenez vôtre courage à 2 mains , voyez si le médecin peut vous aider et mettez la en maison , sinon c'est vous qui allez subir encore longtemps - bon courage , vous en avez bien besoin !!!!

Praline 13/07/2016 17:00

A toi ma chère Juju, un grand sourire ! la force du sourire est impressionnante, on le sait. J’ai lu bien attentivement ta réponse à mon commentaire. Devenir « zombie » c’est, comme tu le dis, quand Alzheimer a frappé très fortement. Alors comment veux-tu que la joie de vivre se dégage de ces personnes ? Je ne travaille plus mais continue à aller de temps en temps dans 2 établissements, celui où je travaillais et un autre où une de mes voisines est hébergée depuis 3 ans. Cette dernière n’a que 76 ans mais est complètement désorientée, ne sait plus qui elle est, qui je suis, si elle a des enfants, etc… ça me fait très très mal de la voir ainsi… Les soignants sont bien obligés de regrouper ces personnes dans un endroit où ils peuvent avoir l’œil, éventuellement intervenir. Car je peux te dire que ces patients désorientés ne se font pas de cadeau ! comme les enfants, ils se chamaillent, se narguent, parfois tentent de se frapper à coups de canne ou de lancer de verre d’eau ! Ils échangent leurs lunettes, parfois leur dentier ! il faut donc bien les réunir, les avoir tous en vue, et hélas les activités sont quasi inexistantes pour eux, ils ne savent plus faire la moindre chose. La vie ne passe plus… ceci dit, je suis contre le fait qu’ils soient deux par chambre et que le personnel se permette de les tutoyer ou de les appeler « papy / mamie ». Que l’on soit dans une structure « aisée » ou non, la vieillesse est vraiment un naufrage ! je ne pense absolument pas que les soins soient de meilleure qualité dans une structure où l’on paie 3 000 € que celle où l’on paie 2 000 €.
Moi ce que j’appelle mouroir, c’est le style long séjour comme celui où était ma maman : deux par chambre évidemment, jamais habillée, perfusion à la place du repas, levée un quart d’heure par jour et mise au fauteuil, le temps de retaper le lit. On enlève alors toute autonomie à la personne et tout repère, elle ne sait plus quel jour on est ni quelle heure il est. Quand j’ai ramené maman près de moi, elle a tout retrouvé en une semaine, elle était redevenue un être humain. Comme je te l’ai dit, lever, douche, wc, à table avec tout le monde, elle a remangé avec un bel appétit. Le kiné venait essayer de la faire un peu marcher et lui prodiguait des soins de drainage lymphatiques. Et bien sûr elle avait ma visite quotidienne, parfois le personnel soignant venait l’installer dans son fauteuil roulant devant mon bureau, elle était alors fière de me voir là, ses beaux yeux bleus brillaient et riaient. J’ai toujours donné sourires et tendresse aux résidants car je les aimais beaucoup, ils m’ont tant appris ! Souvent ils venaient me voir, me parler de leur temps, de leurs inquiétudes, j’aimais les rassurer. Quand mon mari est mort, ils ont été d’une grande gentillesse avec moi, ils ont oublié un temps leur misère, ce qui est rare chez les personnes âgées qui la plupart du temps pensent à eux. Oui c’est vrai je suis toujours arrivée au travail en souriant… aux gens, à la vie, à ma chance d’être là, pour aider, soulager, entourer.
Je sais bien qu’il est préférable de rester chez soi, mais ce maintien à domicile a ses limites. J’espère de tout mon cœur que vous trouverez la meilleure solution possible pour ta belle-mère, ce ne sera pas forcément la meilleure pour cette dernière, elle fait de la résistance, mais il faut penser pour elle, penser à sa sécurité, à la tranquillité de vous tous. Je t’embrasse bien amicalement, bon courage à tous.
(pffiouuu ce commentaire est un billet !)

heure-bleue 13/07/2016 10:43

Et dire qu'à 90 ans certains sont en pleine forme, Maurice Nadeau, le créateur des Nouvelles Littéraires est mort à 102 ans, il avait toute sa tête et lisait des livres pointus toute la nuit.
Léontine, ma voisine de Paris, qui est en maison de retraite, 91 ans, commence un peu à perdre la tête.

julie 13/07/2016 11:34

Ah, au fait, Léontine, elle aime toujours autant le champagne ? Tu devrais nous reparler d'elle. Elle nous était devenue sympathique Léontine.

julie 13/07/2016 11:33

Oui, mon cher oncle vient d'avoir 93 ans. J'espère qu'il est parti encore cette année en vacances avec sa fille, ses petits enfants, ses arrières petits enfants, comme il le fait depuis la mort de sa femme.

julie 13/07/2016 11:32

Mon oncle, ce cher homme qui a été décoré à Choisy le Roi, qui continue à s'occuper des autres, qui travaille encore plusieurs heures par jour, qui est militant de la CFDT, qui défile encore un peu dans les rues avec les grévistes. (c'est sa vie, sans ça, à mon avis, il déclinerait vite), fait partie de ces vieux bien portants. C'est ça qui l'a gardé en vie et en forme quand il a perdu sa femme. Ca fait plaisir à voir effectivement.
Sûr qu'on aimerait bien finir sa vie sans souffrir, chez soi, qu'on le souhaite à tous nos proches. Mais, hélas, le destin peut être un beau salaud...
Ma belle-mère a vraiment une vilaine fin de vie. Même si on ne s'entend pas toujours bien, je la plains vraiment et ça fait mal.
Mon mari a hérité du caractère heureux, pas bileux, de son père, d'ailleurs, tous les garçons. Les filles sont en train de prendre le même chemin que ma belle-mère, sont en train de devenir des teigneuses. Ma fille, je crois bien en prend aussi le chemin...D'ailleurs, quand je lui ai dit ça, elle m'a répondu "je crois bien que ce n'est pas un compliment que tu me fais".

Praline 13/07/2016 08:01

Grosse difficulté de fin de vie, la personne ne veut pas partir de sa maison... parfois les enfants sont obligés de faire le forcing sinon c'est non-assistance à personne en danger. D'après ce que tu écris, ta belle-mère ne peut plus rester seule. Mais ce serait bien au médecin traitant de prendre la décision de l'hospitaliser dans un premier temps.... puis ?? si elle n'est inscrite dans aucune structure, les listes d'attente sont parfois longues...
Juju, toutes les structures de personnes âgées ne sont pas des mouroirs, j'ai travaillé mes vingt dernières années de vie professionnelle dans une structure (une partie foyer logement et une partie EHPAD) et je peux te dire que les résidants sont heureux, bichonnés et considérés comme des personnes bien en vie. Un lieu de vie et non pas de mort. Lorsque j’ai rapatrié ma maman de l’hôpital de B.L. à la structure où je travaillais, elle était effectivement en fin de vie : jamais habillée, perf dans le bras, sans réaction humaine. Le lendemain de son arrivée, mes collègues ont supprimé les perf, l’ont levée, douchée, habillée, mise à table avec les autres résidants, l’ont aidée à manger… au bout d’une semaine elle était ressuscitée ! et a participé à toutes les activités proposées, y compris sorties au restaurant bien qu’en fauteuil… Elle a vécu les derniers mois de sa vie, heureuse et apaisée, une grande consolation pour moi, une victoire sur ma soeur qui ne voulait pas qu'elle soit en structure... non pas parce qu'elle considérait qu'elle serait en mouroir mais tout simplement car cela coûtait cher par rapport à l'hôpital... alors que maman avait les moyens financiers nécessaires, mais voilà... ça amputait l'héritage ! j'ai tout de suite demandé une tutelle pour maman, je suis fâchée avec ma soeur, je ne suis pas rancunière mais il y a des choses très difficiles à digérer, je ne m'étendrai pas ici sur la maltraitance que maman a subie.
Bises orageuses ;-)

julie 13/07/2016 11:20

Juju, toutes les structures de personnes âgées ne sont pas des mouroirs

Pas tous, heureusement, mais beaucoup, oui.

Sur Vichy, il y a de tout, des horribles maisons de retraites, des maisons de retraite pour gens aisés. Mon mari en a vu plusieurs, y allant porter des vêtements. Nous en avons d'ailleurs une, à 2 pas de notre maison, toute neuve, mais dont nous ne voyons jamais les résidents. Ca ne respire pas la joie de vivre là-dedans. Pourtant, à côté de nos jolis parcs.
Ma grand-mère était dans un mouroir, perdu au milieu des champs. Je me rappelle quand elle y a atterri. Elle en pleurait et disait "je ne veux pas finir comme eux, ce sont des zombies". En 2 ans, elle est aussi devenue zombie....l'Alzeimer l'avait rattrapée rapidement. Je me rappelle avoir dit à ma mère :
- on fera comme vous avez fait avec grand-mère, on t'y mettra aussi. Pourtant, ma mère avait essayé de la prendre chez elle. Mais, ça n'a pas marché longtemps.
Mouroir, oui, mouroir, où tous les résidents sont alignés en rang d'oignons dans le couloir, où on a mis aussi les personnes plus jeunes, ayant perdu la tête, où les résidents sont à 2 par chambre, où on te prend les vêtements de l'un pour les mettre à l'autre, où on te tutoie les gens. Ca, ça me choque profondément, le tutoiement des jeunes envers des vieux qu'ils ne connaissent ni d'Eve, ni d'Adam.
Et, j'en ai vu d'autres aussi, comme celle la plus proche de chez ma mère, où un de mes frères y est mort, où on place aussi les jeunes en fin de vie, où présentement est une de mes tantes, atteinte de l'Alzeimer. Moche de chez moche cette maison de retraite où les résidents sont aussi par 2 dans les chambres.
Et, des comme ça, y'en a partout...disons 90 % contre 10% comme la tienne.
Tu veux que je te dise quelque chose chère Praline ?
Ca devait être grâce à toi que les résidents étaient heureux. Tu devais être leur soleil du matin quand tu arrivais, tout sourire..
Oui, il y a quelques personnes qui sont pleines d'empathie pour les personnes âgées. J'ai une de mes petites voisines qui adore s'occuper des vieux.
Une maison de retraite, comme celle dont tu parles, nous en avons une aussi, où les résidents devraient être heureux, apportent leurs meubles, ont leur kitchenette. La mère de la belle-mère de ma fille (tu suis ?) y est. Ca n'empêche pas qu'elle est très malheureuse et décline de jour en jour. Pourtant, ses 2 filles passent chaque jour, lui font le ménage, lui apporte le repas du soir, car, elle ne veut pas manger avec les autres résidents, sont aux petits soins pour leur mère. De toute façon, rien ne vaut rester chez soi....quand on peut.
Et tu sais combien coûte cette maison de retraite-foyer, pas mal du tout, 1000 euros, parce que la famille peut en faire déduire le prix, en lavant le linge, en faisant le ménage, en ne prenant qu'un seul repas par jour (obligatoire par contre de prendre un repas/ jour dans la salle commune avec les autres résidents )...
Celle où est ma tante coûte 2200 euros. pour un truc moche. J'espère fortement ne pas avoir à y aller voir ma mère un jour. Trop de mauvais souvenirs.
Sur ce, bonne journée ensoleillée. A qui tu vas donner ton sourire aujourd'hui Praline ?

biker06 13/07/2016 06:14

Hello Juju
Depart ce matin pour la Haute Savoie jusqu’a Dimanche soir. Besoin de changer d’air.
Je te souhaite un bon week end du 14 Juillet.
Bizz

Pat

julie 13/07/2016 10:56

Bon séjour. Ramène-nous un beau reportage comme tu sais le faire.

Fabie 12/07/2016 20:51

Mon souhait = ne jamais imposer cela à mes enfants...partir avant!
De toutes façons ta belle mère serait insatisfaite quoique vous fassiez...
L'infirmière = une imbécile, elle n'a pas son avis à donner.
Ce qui est dommage dans tous cela c'est que les relations entre ton mari et sa fratrie se dégradent à cause de leur mère, qui doit jouer là dessus...
Vous devriez faire une réunion de famille, et décider de la placer, tous ensembles...
Mais plus facile à dire qu'à faire, lorsque l'on a à faire à quelqu'un avec un tel caractère.
Bon courage Juliette
Bises drômoises

julie 13/07/2016 10:55

Et oui, on dit tous ça. Mon mari n'arrête pas de dire "je ne veux pas finir ma vie comme ça, c'est trop moche". C'est vrai, c'est horrible ce qu'elle subit, car, je n'ai donné que quelqu'unes de ses pathologies.
Oui, mon mari qui s'entendait depuis l'enfance à merveille avec sa sœur, et ben, il a dit "si elle continue comme ça à me faire des reproches, je ne l'appellerai plus".
Oh, mais, tout le monde est d'accord de la placer. Hier, ma belle-mère a dit à son gendre d'un ton méchant "de toute façon, je n'ai pas l'argent, vous serez obligés de payer". Ce a quoi a répondu mon bof "oui, mais, avant on vous prendra 90 % de votre retraite et nous, on paiera le reste. C'est ce qu'il fait déjà le pauvre avec sa propre mère. ALLELUÏA, VIVEZ VIEUX, VIVEZ MALHEUREUX".
Du caractère, ça, elle en a ..Tu sais que dans son quartier, elle ne parlait pas à ses voisins...Un jour, l'un nous a dit "on aimerait bien aller dire bonjour de temps en temps à votre mère, mais, on ne sait pas si ça lui ferait plaisir".
Pourtant, bizarrement, ma belle-mère a correspondu pendant 70 ans avec des copines d'enfance, s'est fait, il y a 12-15 ans, quand elle s'est cassé le col du fémur, une bonne copine, de 20 ans sa cadette, sportive. Elle en parle avec tendresse d'ailleurs. Cette copine passe la voir souvent. A une époque, elles allaient se promener ensemble..Bizarre, comme les contraires s'attirent parfois.

Tarrah 12/07/2016 17:03

oh pinaise, ça c'est la grosse tuile, je te comprends, ça ne sert à rien de vous mettre la rate au court bouillon...vous ne lui demandez pas son avis, hosto direct! tu parles, 90 ans c'est bon, elle va pas vous niquez votre retraite à vous! et je comprends les autres qui en ont ras la casquette! Les vieux ils ne faut pas leur céder, c'est comme les gosses! Elle ira à l’hôpital et ensuite en maison de convalescence, tes frère et belle soeur pourront souffler un peu. j'ai eu ça avec ma grand mère, une sale bonne femme, c'était toujours ma mère de corvée car elle était la plus près, suis allée trouver ses deux autres fils et je leur ais dit que c'était TERMINE, que maintenant il devait trouver illico presto une maison de retraite pour leur mère, 15 jours après elle était placée...en plus c'était ses chouchous...alors faites pareil! Hôpital puisqu'elle est mal. Bon courage Juju te laisse pas impressionner par une vielle Tatie Danièle!

julie 13/07/2016 10:45

Mon beau-frère qui est passé chez elle hier soir pour lui fermer ses volets, l'a trouvée telle elle était le matin. Il a dit que, si aujourd'hui, il ne la trouvait pas bien, il appelait direct les pompiers. Comme ça, ils l'emmèneront sans lui demander son avis à l'hôpital.
Oui, ceux qui sont sur place en bavent plus que ceux qui sont loin, ça, c'est sûr. Un de mes beau-frère part en vacances à la fin du mois. Nous cogitons dessus. Peut-être prendre un gite, à proximité de ma belle-mère pour une semaine ou 2. Comme ça, près et loin tout à la fois. Passer tous les jours, manger avec elle, et me barrer si j'en ai marre.