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Cearriveenfrance

Cearriveenfrance

blog à la fois humoristique, satirique, sans oublier mes coups de gueule.

Les filles du Plessis...ou l'année 1971...1

Les filles du Plessis...ou l'année 1971...1

J'ai regardé les filles du Plessis. Je ne l'ai pas regretté... comme les 4,9 millions de spectateurs je suppose.

1971....Si loin et si proche.

Une année qui a marqué ma vie, probablement THE année for me. Une année belle, moche, voir très moche, l'année de tous les changements pour moi. J'ai oublié certaines années de ma vie, mais, celle-là, non. Elle est tellement encore vivante dans ma tête, que c'est comme si c'était hier.

Par contre, j'ai un flou concernant ces filles du Plessis, comment n'ai-je pas entendu parler de Simone de Beauvoir, du planning familial ? - A propos, vous avez vu comment elles sont attifées dans leurs chemises de nuit roses ? J'en avais honte pour elles. On dirait des bagnards (es !!!) ou des déportées. Pour mieux leur faire honte je suppose. Pour les signaler à la population comme des dépravées, des lépreuses ? Vous avez vu le comportement des hommes, leurs regards lubriques, libidineux, graveleux, concupiscents, vicieux, comme on regarde une pute ? -

A l'époque, la télé n'avait pas encore trop fait son apparition dans les foyers français. Je ne lisais pas les journaux. Je n'avais même pas de radio dans ma petite chambre de bonne sous les toits - quand je pense que je dors maintenant avec ma petite radio allumée en permanence, que je l'écoute même sous la douche, que j'ai 2 ou 3 autres radios, 2 télés, un ordi et que mon mari achète son journal tous les jours - Comment ne pas être au courant du moindre éternuement du président par exemple ?

En ce milieu d'année 1971, j'étais fort occupée. Le soir, je lisais dans mon lit, quand je n'étais pas trop fatiguée, et le week-end, le week-end, je l'attendais avec impatience. Je ne vivais que dans l'attente du week-end. Les nouvelles du monde ne m'intéressaient pas du tout.

Ce téléfilm a fait remonter en moi bien des souvenirs. Certains bien tristes, en rapport avec ce téléfilm.

Notre société était encore bien rétrograde, bien rigide, malgré mai68.. La libération des femmes en était encore à ses débuts. Vous savez qu'en 1971, je ne savais pas que la pilule existait. D'ailleurs, peu en parlaient. J'aurais pu, moi-aussi, tomber enceinte. D'ailleurs, je l'ai cru un moment, les jeunes hommes n'étant pas bien doués pour freiner leurs ardeurs. Eux ne pensaient "qu'à sauter" les filles, sans penser aux conséquences désastreuses, sachant faire le joli-cœur pour mieux nous séduire, nous, pauvres innocentes. Certains épousaient les jeunes filles engrossées, ceux qui assumaient ; certains autres affirmant haut et fort que la jeune fille n'était qu'une "Marie-couche-toi-là", qu'ils n'étaient pas forcément le père. Lâches ! dégonflés ! salauds ! profiteurs !

La façon dont ont été traitées ces jeunes filles mineures, de l'opprobre qu'elles jetaient sur les familles, des raclées qu'elles se ramassaient parce qu'elles avaient osé avoir été amoureuses, avoir osé "aguicher" leurs violeurs, violeurs de ce fait pardonnables - ça a existé, si, si, je vous assure...encore plus dans certaines contrées françaises - vous avez vu quand l'une se ramasse une raclée sous le regard de la directrice qui n'a pas bougé un sourcil ? Pouah, écoeurant ! -

Oh, la réaction du flic quand une jeune fille violée est allée porter plainte ! Mon mari regardait d'un air machinal le film - faut croire que ce film a plus touché les femmes - Il a sursauté en entendant ma réaction :

- dis, t'as vu ce gros porc comment il parle ? Honteux ! sale flic ! Il traite cette jeune fille comme une coupable au lieu de la voir en victime. Salaud, salaud, va te faire ....chez les grecs !

J'ai eu aussi une autre réaction violente, quand Sandrine Bonnaire recevait une jeune fille et voulait lui faire signer un document pour qu'elle abandonne son bébé... essayant de lui faire croire que son enfant aurait de meilleures chances dans la vie dans une famille d'accueil.... et patati et patata...Combien de ces enfants ont dû être abandonnés pour sauver l'honneur familial !

Ah, on peut critiquer en 2016 la condition des femmes dans certains pays ! La condition des femmes enceintes, hors mariage, en 1971, n'était pas bien "jolie, jolie". Pour nous, les sexas, cétait hier.

Combien de ces anciens enfants de la DDASS s'en sont sortis sans dommage ? Bien peu à mon avis. J'en ai côtoyé des tas dans le Morvan. Tiens, d'ailleurs pourquoi le Morvan a t-il autant accueilli d'enfants de la DDASS ? A cause de la pauvreté de cette région probablement. Oui, pour la plupart, c'était une source de revenus complémentaire, surtout pour les veuves. Ma grand-mère en a eu, mes tantes aussi, beaucoup de familles du village. Dans les fermes, on prenait surtout des garçons. Comme ça, ils rapportaient deux fois plus. Pauvre main d'œuvre corvéable à merci. Pas mes parents, déjà bien pourvu en mioches. Ouf, ont eu chaud ces enfants de ne pas être tombés dans les pattes de ma mère. Je le pensais d'ailleurs à l'époque.

Je m'en suis pris à Sandrine Bonnaire dans ce téléfilm, excellente dans le rôle de cette directrice dure, rigide.

- salope, t'as pas honte, tu sais comment sont traités les enfants de la DDASS ? c'est parce que ton mec t'a lâché que tu te comportes comme ça avec ces jeunes filles ?....t'es qu'une "mal baisée" ?

J'étais à deux doigts de jeter mon verre sur la télé - oui, j'étais en train de manger mon fromage, accompagné d'un verre de vin rouge -

1971, année charnière dans ma vie. Que de changement cette année-là ! C'est maintenant seulement que je m'en rends compte.

Je quittais l'école au printemps, j'allais faire la saison à St Ho...

Non, pas dans cet ordre là. Je perdais tout d'abord ma grand-mère paternel...qui allait me faire connaître mon mari actuel. Non, je ne l'ai pas rencontré au cimetière. J'ai rencontré mon futur mari un mois après le décès de ma grand-mère, à un bal, à la fin de mon deuil.

Quel rapport me direz-vous ? Si, il y en a un. Avec moi, il y a toujours un lien de cause à effet. Si je prends des chemins détournés, c'est pour mieux vous faire profiter de mon cheminement de pensée.

Vous savez qu'en ce temps-là, il fallait respecter une période de deuil. Un mois pour nous a décidé notre mère. Nous avons eu de la chance, nous les jeunes, car, encore peu de temps auparavant, le deuil durait un an.

Ma mère a souvent porté du noir - Elle en a une aversion. Enfant, il lui fallait aussi porter des vêtements noirs pour la mort des uns ou des autres. Pour ça aussi, je suppose, qu'à la mort de notre père, nous n'avons eu droit qu'au blanc ou au gris.

- Petite parenthèse...Je me souviens, pour la mort de notre père, être allées notre mère, mes sœurs et moi dans la petite ville d'à côté, dans le grand magasin que je trouvais bien chic à l'époque, qui n'a fermé ses portes que récemment. Bizarre comme les souvenirs remontent à la surface. Je me pose une question. Mais, comment donc notre mère a fait pour payer tous nos vêtements ? Mystère et boule de gomme.

Je me souviens d'un petit ciré blanc que j'adorais, je l'avais déjà repéré en vitrine et bien avant la mort de notre père. J'aurais tant voulu l'avoir. A l'époque, c'était du 100 % français. Mais, ma mère a décidé pour un pull gris et une jupe grise. Pas mal, mais, ça ne valait pas ce joli ciré blanc. Un jour, je m'en suis offert un, presque identique. Je l'ai encore.

Oui, finalement, pendant que j'y pense, comment ma mère a fait pour payer nos vêtements ? A crédit ? Les commerçants de l'époque n'étaient pas réputés pour leur charité. Peut-être que quelqu'un qui me lit le sait, car, nous n'étions pas bien riches, et, avec la mort de notre père, ça a dû être pire. De cette période de vaches maigres, ado que j'étais, je n'en ai pas su grand-chose. Je comprends maintenant pourquoi j'avais été mise en pension. Parce que ma mère ne payait rien.

Ma mère a dû s'en voir "des ronds de chapeau" pour nous élever après la mort de notre père. Pour ça, que je lui pardonne beaucoup de sa sévérité, de sa dureté, voir de ses méchancetés. Elle aurait pu en mettre quelqu'uns à la DDASS ou nous "vendre" à notre oncle (fils de ma grand-mère dont je vous parle au-dessus) qui n'avait pas d'enfant. A une époque, il en avait été question, mais, mon oncle et ma tante n'ont pas voulu séparer la fratrie. L'Assistance publique, ce mot me faisait horreur, j'en avais une peur bleue en voyant débarquer tous ces enfants abandonnés, au regard si triste et à la façon qu'avaient certaines familles de les traiter, les voir repartir un jour ou l'autre sans crier gare. Vous savez que la veuve de Gainsbourg était de la DDASS et a été élevée dans le village de ma grand-mère, que ma cousine s'amusait avec elle ?

Pour moi, mieux valait encore la pire des mères que pas de mère du tout. Tiens, un film qui me touche beaucoup et dont j'ai acheté le DVD, l'Amour en friche, avec Depardieu, qui est passé à la télé, il y a 2 jours. Depardieu, dans le film, a une mère horrible, pas aimante pour 2 sous, mais, dont il se rend compte, à sa mort, qu'au fond, elle l'aimait à sa façon. Fin de la parenthèse.

Un mois de deuil, ce n'est pas beaucoup me direz-vous, pour respecter la mémoire d'une grand-mère que je ne connaissais guère au fond, le changement était en train de passer par là-aussi.

Il m'était arrivé de dormir avec ma grand-mère. Probablement lors des hospitalisations de notre père, on devait dispatcher les jeunes enfants à droite et à gauche.... à moins que ce ne fut lors d'un énième accouchement de ma mère.

Ma grand-mère ressemblait à la grand-mère type des campagnes des années 50 et 60, toute habillée de noir, sentant le vieux. Elle m'offrait des pastilles Valda, toujours présentes sur sa table de nuit. Ah, je m'en rappelle de ses pastilles Valda, remplacées pour moi maintenant par les pastilles de Vichy. Il me faut toujours quelque chose à sucer.

Nous parlions peu, je n'ai jamais su trop quoi lui dire, elle non plus. Quand nous allions lui rendre visite, surtout au Jour de l'An, nous restions assis en face d'elle quelques minutes, puis nous nous sauvions, notre devoir accompli.

Je connais si peu la vie de cette grand-mère - j'étais plus proche de ma grand-mère maternelle, plus jeune aussi - On tenait les enfants à l'écart de tout à cette époque. Elle vivait dans la même maison qu'un de ses fils, mon oncle. Mais, sa chambre était complètement à part et avait 2 entrées, une à l'intérieur qu'elle employait rarement, et une à l'extérieur donnant sur la cour. On ne la voyait qu'aux heures des repas.

Elle apparaissait à table, s'asseyait, mangeait en silence et repartait. Je me demande si elle s'entendait bien avec sa belle-fille, car peu d'échanges entre elles. Les enfants ressentent bien ces choses-là. J'en étais presque triste pour ma grand-mère, si peu parlante. Ma tante était une personne rigide, un peu comme cette directrice du Plessis. D'ailleurs, je n'ai guère su grand-chose de sa vie à elle non plus. Chez elle, tout était nickel, propre, jamais quelque chose qui trainait, c'en était presque dérangeant pour les "sauvageons" que nous étions. Elle nous inculquait les bonnes manières "tiens toi bien droite, on dit merci, on dit bonjour, on ne met pas les doigts dans son nez, pas de coude sur la table...mais, comment votre mère vous éduque ?" D'ailleurs, une autre personne nous avait aussi appris les bonnes manières, la fameuse madame M....femme d'un fonctionnaire de la police parisienne. Au fond, nous avons eu presque une éducation bourgeoise, entre madame M et ma tante, deux femmes qui ne badinaient pas avec l'éducation. Ma tante ne comprenait pas que nous la craignons autant et que nous la fuyions. Quand nous avons été adultes, cette tante nous en a fait plusieurs fois le reproche... "mais, pourquoi aviez-vous si peur de moi, je ne voulais que votre bien ?"...Au fond, elle devait en être malheureuse, elle qui n'avait pu avoir d'enfant et qui élevait aussi des enfants de la DDASS, surtout 3 qu'elle a gardés auprès d'elle à la fin de sa carrière de nourrice. D'ailleurs, l'une s'est fait adopter par ma tante sur la fin de sa vie. Elle et pas les 2 autres. On adopte le lot ou rien. Je vais être "teigneuse", on ne partage pas une maison en 3.

Bon, je vois que cette année 1971 fait remonter bien des souvenirs à la surface. Je crois donc que je vais faire plusieurs articles sur cette année-là. Car, entre la mort de ma grand-mère paternel, entre la connaissance de mon chéri, entre l'école que j'ai quitté, mes premiers pas de "travailleuse" dans la station thermale de St Ho ; entre comment bien pouvoir voir son chéri les week-ends quand on habite à 50 km l'un de l'autre et qu'on n'a pas de voiture, ni l'un, ni l'autre ; entre mon élection de miss "cul de vache" ; entre le mariage de ma copine ; entre ce que ce film a fait remonter comme souvenirs cauchemardesques à la surface, ça en fait des événements dans la vie de cette jeune fille de 17 ans et demi.

Comment parler de ce sujet sans impliquer directement les protagonistes ? Comment réussir à en parler sans montrer du doigt les personnes qui en ont été victimes ?

Oh, mon dieu, il me revient encore de cette année-là, quelque chose d'autre. Par contre, là, je veux bien en parler de ce cochon de dentiste qui aurait bien voulu me violer, me proposait de faire des choses tordues, voulait profiter d'une pauvre jeune fille innocente, enfin, qu'il croyait. Les salauds, on les trouve partout, dans tous les milieux sociaux, je dirais même mieux, beaucoup chez les "Intouchables", ceux qu'on appelait notables. Salaud de dentiste qui a essayé de séduire une pauvre petite vendeuse-bonniche. Et dire qu'à l'époque, je n'ai osé rien dire, sauf à mon chéri. Mais, va donc porter plainte contre un notable ! Voyez comment la police s'est comporté avec une fille du Plessis. Moi-aussi, je n'avais aucune chance d'être entendue. Mais, j'en reparlerai de tout ça, si je continue mon histoire. Surtout que d'autres salauds, j'en ai connu.

Finalement, je crois que je vais commencer par le commencement....

- mort de ma grand-mère..Fait

- rencontre avec mon chéri

- mes premiers pas dans le monde du travail, après avoir dit adieu au lycée et aux études, mes vrais premiers pas, car, auparavant, il m'était arrivé de travailler de temps en temps l'été.

- Miss "comice agricole"

- THE JOURNEE terrible (à prononcer avec l'accent English pour faire passer la pilule..Heu, là, non, si y'avait eu la pilule, y'aurait pas eu THE HISTOIRE). Pas sûr d'ailleurs que je puisse vous parler de ce jour maudit dont j'ai encore des remords, des regrets, 45 ans après. Si j'avais su ! Mais, on ne peut changer le destin. D'ailleurs, un passage de ce téléfilm m'a fait froid dans le dos, celui où une jeune fille part accoucher seule et où la directrice interdit à la surveillante de l'accompagner. Je me dis que....SALOPE ! Non, pas moi, tous ces gens rigides, durs comme le fer. Que c'est moche ces jeunes filles abandonnées qui accouchent seules, sans père du bébé, sans mère, sans une main amie, dans la froideur d'un milieu hospitalier, voir dans le mépris ! Seule, seule, combien ça doit être dur.

- départ pour Paris...pour un vrai travail....et mon dilemme... Dois-je laisser tomber mon chéri pour épouser un "parisien" ? Nous avons essayé, mais n'avons point pu. Bizarre comme notre destin peut prendre telle ou telle orientation. Si j'étais restée "pépère" à Paris, à travailler comme fonctionnaire, je n'aurais pas une retraite de misère. Bien fait pour ta gueule ma fille, NA ! Quand je pense que j'aurais pu épouser un collègue fonctionnaire qui était dingue de moi, mais moi pas de lui. Il en avait pleuré. Comme quoi, pas facile de changer son destin.

Fiançailles à Noël.

La suite au prochain numéro....si suite, il y a. Car, me connaissant !

ps : j'ouvre mes commentaires, car, il y a vraiment des réponses intéressantes, ces années-là parlent à beaucoup.

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liliplume 17/03/2016 20:43

En 71 je passais le bac, je perdais un grand-père très aimé, j'entamais une nouvelle vie essayant de me débarrasser des stigmates d'une enfance et d'une adolescence très difficiles, j'avais pour la première fois des relations sexuelles. Je connaissais la pilule mais ne la prendrai que un an après. Mais comme elles étaient très fortement dosées, je ne l'ai pas supportée...

Eve 14/03/2016 11:08

Praline dit --les salauds ! ça existe encore sûrement, hélas, mais est-ce que les victimes dénoncent plus facilement ?
je ne crois pas - ça dépend si on est aidée - d'après moi - la mère , l'infirmière de collège ou lycée , une copine --
comment dire à sa famille et porter plainte quand on est harcelé par son père ,son frère, on son oncle ?? et qui est prêt à l'entendre ?? pire encore , je prends des cas extrêmes -- j'ai lu il y a des années , Lydia Gouardo, dont le père lui a fait six enfants, .et celui de Nathalie J'avais douze ans. vers 2002--- c'est terrible ce qu'ont fait subir leur géniteur - marquées à vie - psychologiquement elles ne savaient pas comment faire , pas aidée et ont été détruites , je suis révoltée contre ces hommes qui prennent la vie de leurs enfants - après des années elles se reconstruisent mais dans un coin de leurs têtes reste cette infamie -

Marie 14/03/2016 10:37

...J'ai été l'une de ces ..."filles du Plessis"!
Mais ailleurs. En Outre mer. En Guyane française.
J'ai vomi en regardant le film. C'était mon histoire.
Je suis tombée enceinte à 15 ans. Je portais en 1968, ma fille Jacqueline née le juillet 1969. Elle aura 47 ans dans quelques mois. J'ai 62 ans (63 en novembre prochain).
Sous prétexte de m'envoyer faire des études "ailleurs, loin des gens", on m'a confié à la DDASS qui m'a mise dans un avion pour le foyer "clairière" en Martinique. Lorsque je me suis révoltée, on m'a mise en psychiatrie à Colson en Martinique. J'avais réussi à écrie à mon copain que l'on prendrait mon bébé dès l'accouchement. La majorité étant à 21 ans à l'époque, il a, avec l'aide de son père, reconnu notre bébé avant la naissance pour a sauver de l'adoption et on m'a libéré de la psychiatrie puisque plus d'espoir de prendre mon enfant. Mais le retour fut dur. Je devais me cacher jusqu'à l'accouchement..
J'ai vécu cette vie : uniforme, gardienne, il y avait aussi un "aimé" qui s'occupait des menus travaux et avait parfois pitié de nous...J'ai vomis en regardant ce film et demandé à ma fille de le regarder en replay car elle croit puisque depuis je suis devenue forte, me suis mariée avec son père, ai eu 4 autre enfants, que j'ai dû avoir une belle vie

Michèle 14/03/2016 17:12

Je suis revenue comme promis à ma " Julie" mais là quel mot pourrait convenir à ton témoignage ?
Bravo, tu as été une femme, une vraie sans faille ou presque car il faut en avoir du courage devant cette ignoble institution nommée DDASS ( nous c'est différent, mais avons eu a faire à elle pour l'adoption de notre fils ) .Alors vraiment si as une belle vie tant mieux pour toi, je t'encourage à continuer avec force et détermination . Je t'embrasse ( en ce qui me concerne, prof , j'ai eu à soutenir 3 élèves " elle a fait un bébé toute seule" 2 ont réussi et 1, la galère ...

Julie 14/03/2016 13:12

Merci Marie pour votre témoignage fort. Je suis heureuse de savoir que des jeunes filles ont su se battre. Il en fallait de la volonté. Et, merci pour le père de cette enfant qui a assumé. Ils ont été si malheureux (si, beaucoup ont souffert) ceux qui ont fini à la DDASS. Merci encore.
ps : votre fille sait-elle votre parcours ? Ce serait bien qu'elle le sache.

MICHELE 13/03/2016 21:47

Je croyais ou j'ai la berlue que tu avais fermé les commentaires ? ?
Je reviens aujourd'hui à pas de loup; je regrette de n'avoir pas regardé, mais j'écoute, j'adhère à tout ce que tu dis !
Par contre je me sens complètement marginale, puisqu'en 71 je prônais la libération de la pilule que je prenais déjà depuis un certain nombre d'années et pour cause , vivre en faculté comportait des risques (une amie assistante sociale, + une amie gynéco ont été là pour moi, mes parents avaient d'autres préoccupations avec leur vie de commerçants) .Et puis mes études de prof de Sciences, il fallait très vite rentrer dans la danse et jouer le rôle des parents.........là je fatigue, je vais au lit et si j'y pense, je reviendrai demain .......

Julie 13/03/2016 12:07

Merci pour vos commentaires. Certains, bien moches. Ouf, heureusement que nous ne sommes pas nombreuses à nous être fait peloter. Moche quand c'est dans le milieu familial, voir très moche. Certains, actuellement se retrouveraient en prison. Et, ils n'auraient que ce qu'ils méritent. Je dirai "bien fait pour eux".

Praline 13/03/2016 12:38

Tu as raison Juju, c'est moche de chez moche, je dirai même immonde ! je n'en reviens pas le nombre de papas, tontons, cousins qui ont pu/oser toucher à ces jeunes filles... les salauds ! ça existe encore sûrement, hélas, mais est-ce que les victimes dénoncent plus facilement ?

Praline 12/03/2016 21:11

Aaaaah, ouverture des commentaires !
En 1971 j'entrais dans le vie active, ouf ! pantalons pattes d'éph, mini jupes, short en jean, manteau arrivant aux pieds, premier emploi à La Meuse à Moulins (à La Madeleine précisément). Je logeais au foyer de jeunes travailleuses. Bons souvenirs. Bises belle auvergnate !

elvy 12/03/2016 19:08

BONJOUR JULIETTE !!! et comment elle me rappelle des souvenirs cette année là et pour cause je me mariais en septembre , après 3 années de fréquentation comme on disait à l'époque . J'avais 23 ans était nunuche , pas question de parler sexualité ,c'était malsain et surtout tabou . On me disait de " faire attention " mais à quoi . Il a fallu que je tombe par hasard sur un livre d'éducation sexuelle ( pas mis là par hasard ,sans doute ) pour que je me fasse une idée sur ce à quoi je devais m'attendre , quoique je savais déjà ,puisque depuis pas mal d'années je passais le temps lorsque j'étais à la maison à fuir dans tous les coins ,mon beau-père qui voulait son droit de cuissage . Harcelement sexuel , et psycologique ,j'ai vécu çà pendant une dizaine d'années . Je suis même passée à côté de quelqu'un dont j'étais amoureuse et que j'ai forcée de quitter ,car il n'était pas l'homme soit disant qu'il me fallait ! De toute façon aucun homme n'aurait du m'approcher !!
Le mariage m'a libéré de ma condition de COSETTE , même si les débuts ont été difficiles ,Heureusement je suis tombée sur un homme intelligent et patient et dans une belle famille adorable .Ma belle-mère a été une seconde mère pour moi . Mais de ces années maudites ,je porte encore des stigmates . Et 50 ans plus tard ,je pense toujours à mon premier amour !!
Je pense que tu auras pas mal de commentaires de personnes qui n'ont pas eu de jeunesse agréable .
Je te lis toujours avec plaisir . BON WEEK- END . ELVY

Francelyne17 12/03/2016 00:25

En 1971 j'étais mariée depuis 10 ans , mon aîné avait 8 ans, le 2eme 7, le 3eme 6... et moi 28 !
J'ai adhéré au planning familial dès sa création , car pas question d'un 4 eme ! La pilule depuis 1969, très fortement dosée ( bonjour les dégâts !)... On peut dire que les filles et femmes de cette époque ont dégusté !

Je n'ai jamais entendu parler de ces filles du Plessis, ce film m'a retournée ... Et révoltée , j'ai eu les mêmes réactions que vous .
Dans les annees 60 il fallait aller en Angleterre ou en Belgique pour avorter , ensuite certaines adresses circulaient , il y avait quelques médecins à Paris qui pratiquaient des avortements par aspiration moyennant finances ( une amie y a eu recours et m'a raconté ) ...
Je vous lis toujours avec plaisir mais ne commente pas souvent, je sais c'est pas bien ! A bientot Julie

sous X 11/03/2016 21:56

1965 à 1969 , Gainsbourg chantait année érotique ,
c'était la libération des moeurs, des chansons faites l'amour , pas la guerre !!!!!! -
j'ai eu 4 patrons l'un après l'autre ( le père , le fils restaurateurs, ensuite le notaire, puis le marchand de vélo ha j'oubliais son fils ,
avaient tous la main baladeuse , fallait que je me défende -
comme je regrette de ne pas avoir eu des témoins, des magnétophones pour enregistrer ,
et pas assez d'idées pour les faire chanter , ah ça m'aurait fait rire de leur tirer du fric, j'y ai pensé bien plus tard ---
mais non j'étais naïve !!! et maman me disait fait attention aux garçons ah oui ??, mais pourquoi ????
, aucun ne m'a proposé de coucher mais les mains aux fesses !!!

et j'ai eu pire un oncle qui me courait après pareil ,mains baladeuses !!!! et fallait se taire me disait maman ,
ça aurait fait un scandale dans la famille --- quelques années après il a été dénoncé à sa femme par une jeune qui travaillait chez lui --
là il a arrêté après que ça ait fait du bruit dans la famille car on a tous appris il avait passé toutes les filles de la famille (( cousines ))

tous des vieux cochons et des fils qui prenaient le relais - chapeau elle était belle la vie autrefois,
les rois et les seigneurs troussaient les paysannes leurs personnels et essayaient la future mariée avant de la laisser à son époux ,
il en resté quelque chose aux bonshommes !!!
aujourd'hui les jeunes peuvent être informés par les parents, un peu par l'école, par des livres et la télé ,
mais on n"a pas encore trouvé la caméra thermique à infra rouge du peloteur de fesses ou du violeur ou du chaud lapin quine pense qu'à ça , ça serait une belle invention !!!

heure-bleue 11/03/2016 19:50

Une sacrée différence entre les filles de Paris et celle de la campagne, en 72, je testais une pilule donnée par mon gynéco. Je savais depuis 68 que les filles pouvaient aller à Londres ou à Amsterdam pour ne pas avoir un enfant non désiré.
Je connaissais Simone de Beauvoir, en revanche, jamais entendu parler des filles du Plessis avant d'avoir vu le film

Julie 11/03/2016 12:13

Commentaire de Fabie que je remets à la bonne place. J'en ai reçu un en privé, fort intéressant. Si la personne m'autorise à mettre quelques passages, je les mettrai ici. Je m'aperçois que nous étions, nous les filles de cette époque, logées pour beaucoup à la même enseigne.

Commentaire de Fabie.

Pas vraiment pu regarder les filles du Plessis, car j'avais ma petite fille, que je n'ai pu coucher qu'à 21h30 (elle avait fait sa sieste de 16h15 à 17h15).
1971, j'avais 13 ans... pas le droit de regarder la télé, donc pas très au courant.
Par contre depuis l'année précédente, je me méfiais des garçons, car durant ma retraite de communion je m'étais faite draguer...il faut dire qu'avec mes 1m68 je paraissais 18 ans !
Donc j'ai très vite appris à me défendre! Si l'on ajoute que c'est en 1971 que mon père a commencé ses attouchements....Mais bon la violence, elle s'était installée depuis bien longtemps...

Tu vois des souvenirs pas très sympas, non plus...

Tu racontes bien donc on attend la suite, même si pour commenter, il faudra rechercher la brume du matin.
Bises drômoises